mercredi 25 avril 2012

Inquiétudes sur la fertilité.



 
La fertilité des hommes s’est considérablement réduite en quelques décennies. Nous remarquons qu’en à peine un siècle, la production de spermatozoïdes aurait diminué de moitié et que dans le même temps, on constate une augmentation importante du nombre des cancers du testicule.


Les facteurs environnementaux étaient reconnus en grande partie responsables de ces phénomènes, en particulier les pesticides et herbicides dont l’utilisation est largement répandue, même en dehors même du monde agricole.

Voilà que d’autres coupables sont désignés par une étude récente : il s’agit des phtalates, produits par les industries du plastique.
Une étude qui apporte la preuve expérimentale de la toxicité des phatalates a été publiée fin septembre 2008 dans la revue Environmental Health Perspective.
Les chercheurs ont montré que l’ajout de Mehp, provenant d’un phtalate largement répandu, le Dehp, provoque au bout de trois jours la disparition, in vitro, de 40 % des cellules germinales fœtales qui sont les précurseurs des spermatozoïdes. L’enfant naîtrait donc avec moins de cellules productrices de spermatozoïdes. Les chercheurs s’interrogent aussi sur ses effets à différents stades de la grossesse, de la vie adulte et peut-être aussi chez les femmes.
Un seul phtalate a été testé alors qu’il en existe une cinquantaine dans notre environnement quotidien


Les phtalates sont présents dans de nombreux produits de consommation courante. Ce sont des plastifiants utilisés couramment dans les matières plastiques. On en trouve dans la quasi-totalité des produits en polychlorure de vinyle (PVC), auxquels ils confèrent la souplesse voulue (rigide, semi-rigide ou souple). Ainsi ils sont présents dans des matériaux de construction, d’ameublement et de décoration. Ils peuvent représenter plus de 50 % en poids pour les articles souples comme les nappes ou les rideaux de douche. On les trouve dans des milliers de produits courants en PVC : couches, chaussures et bottes, textiles imperméables, cuirs synthétiques, jouets, consoles de jeux, encres d’imprimerie, détergents
Les phtalates sont aussi largement utilisés en cosmétologie. Ils sont notamment incorporés comme agents fixateurs afin d’augmenter le pouvoir de pénétration d’un produit sur la peau ou d’empêcher un vernis de craquer.
Ils entrent également dans la composition de certains médicaments, par exemple pour fabriquer des capsules gastro-résistantes. Le matériel hospitalier, notamment les poches de perfusion contiennent aussi des phtalates.
Cette étude devrait inciter à intensifier la recherche en ce domaine et à appliquer le principe de précaution. Une telle mesure d’autant plus nécessaire que dès 1999, à la suite de plusieurs études, l’Union européenne avait classé le Dehp et cinq autres phtalates comme toxiques pour la reproduction. En 2005, une directive du Parlement européen avait limité à 0,1 % de la masse de plastique la quantité de TEHP autorisée dans les jouets pour bébé.
Les industriels du plastique ne semblent guère ouverts à ces observations pour défendre leur industrie.
Ils ont même créé un site Internet mettant en cause les études de toxicité des phtalates et plaident pour « l’usage sans risque des plastifiants les plus utilisés ».
Combien de personnes devront être intoxiquées pour que des mesures efficaces puissent être appliquées ?

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